
Conservation des butternut et potimarron : les clés pour une culture rentable
Conservation des butternut et potimarron : les clés pour une culture rentable
Les courges comptent parmi les cultures les plus accessibles en production maraîchère. Adaptées à une grande diversité de sols et relativement peu gourmandes en eau, elles présentent également l’avantage d’un feuillage couvrant qui limite naturellement la concurrence des adventices.
Cependant, si leur conduite culturale reste relativement simple, le véritable enjeu pour une commercialisation réussie des courges butternut et potimarron réside dans leur conservation et dans la gestion des virus.
Ces deux types de courges, qui rencontrent un succès croissant auprès des consommateurs français et européens, demandent en effet une attention particulière lors des dernières phases de leur cycle, notamment au moment de la récolte et du stockage.
À l’approche des premiers semis et plantations de potimarron et de butternut dans les parcelles, il est donc utile de faire un point complet sur les pratiques culturales et les stratégies permettant d’optimiser la qualité et la conservation des fruits.
Le marché des butternuts et potimarrons : une demande dynamique

En 2024, la production française de courges (potimarrons, potirons, citrouilles et giraumons) s’élève à environ 235.246 tonnes. La consommation nationale se situe autour d’un kilogramme de courges par habitant et par an, un chiffre qui confirme l’intérêt croissant pour ces légumes d’automne et d’hiver.
Parmi les différentes typologies de courges, les potimarrons et les butternuts dominent largement le marché, représentant près de 80 % des volumes consommés en 2024. Et la demande continue de progresser :
- +14 % de consommation pour le potimarron en un an
- +7 % pour le butternut
Ces légumes présentent plusieurs atouts pour les consommateurs :
- Des recettes simples et accessibles,
- Une notoriété internationale,
- Et une image de légume sain et gourmand.
La consommation de butternut démarre généralement à partir de septembre et octobre, avec l’arrivée de l’automne. Le produit reste ensuite disponible tout au long de l’hiver grâce à sa bonne capacité de conservation.
Le potimarron, quant à lui, reste plus délicat à stocker. Malgré les progrès génétiques réalisés ces dernières années, les conditions météorologiques influencent fortement la qualité des récoltes et la capacité de conservation des fruits.
L’intérêt pour ces légumes ne cesse de s’élargir. Dès 2018, près de 31 % des ménages français avaient acheté des courges au moins une fois dans l’année, contre 26 % en 2013. Dans le même temps, leur prix moyen est resté relativement stable (en moyenne 1,87 €/kg en 2018), alors que l’ensemble des légumes frais a connu une hausse de 9 % sur la même période.
Les ménages seniors restent le cœur de la clientèle, mais les plus jeunes et les familles avec enfants contribuent de plus en plus à cette consommation.
Les étapes de l’implantation et la conduite des courges
La conduite culturale des courges suit des principes similaires pour la majorité des espèces. Un focus détaillé sur la culture du potimarron est disponible sur notre site
Sols
Les courges s’adaptent à de nombreux types de sols mais préfèrent les sols lourds et profonds, capables de conserver l’humidité. Les sols sableux doivent être surveillés : ils permettent souvent une récolte plus précoce, mais donnent des fruits plus riches en eau et donc moins adaptés à la conservation. La culture tolère une acidité relativement marquée, jusqu’à un pH de 5,5.
Fertilisation
La fertilisation recommandée se situe autour de 120-60-100 unités NPK, complétée par un apport important en fumure organique. Le système racinaire des courges étant profond, il est essentiel de préparer correctement le sol, notamment en évitant les zones de tassement. Un bon décompactage préalable favorise l’enracinement et la nutrition des plantes.
Semis
Les semis doivent être réalisés dans un sol réchauffé au-dessus de 15 °C. La germination optimale intervient autour de 25 °C. La densité généralement recommandée est d’un plant par mètre carré.
Plantation
L’utilisation de plants en mottes ou en bouchons constitue souvent une solution intéressante pour gagner du temps à l’implantation. Un point important concerne la position de la graine : elle doit toujours être semée pointe vers le bas, à une profondeur de 1 à 2 cm, car c’est de cette extrémité que la racine émerge.
- Bouchons : plantation dès que les racines maintiennent correctement la motte.
- Mottes : plantation au stade cotylédons mi-étalés.
Gestion des adventices
Le feuillage des courges permet rapidement de couvrir le sol et de limiter la concurrence des adventices. Il est toutefois recommandé de conserver une bande de chaque côté des rangs afin de permettre une gestion mécanique. L’utilisation de paillage plastique ou organique peut également améliorer la maîtrise des adventices.
Irrigation
Les courges apprécient un sol frais, notamment durant les phases de nouaison et de grossissement des fruits. En revanche, un excès d’eau lors de la maturation doit être évité, afin de favoriser une meilleure conservation. Deux systèmes sont généralement utilisés :
- Le goutte-à-goutte, plus économique et limitant le développement des adventices.
- L’aspersion, plus simple à mettre en place mais pouvant favoriser les maladies foliaires.
Récolte
Pour le potimarron, la récolte intervient lorsque le pédoncule est sec et que le feuillage commence à se dessécher. Pour le butternut, elle se déroule lorsque la peau est dure, beige et que le feuillage est sec et que le pédoncule est bruni et sec également. Elle se déroule généralement entre septembre et octobre et doit impérativement être terminée avant les premières gelées. Les fruits doivent être récoltés en coupant le pédoncule au sécateur.
Lorsque les conditions climatiques sont chaudes et sèches, les fruits peuvent être laissés au champ afin de sécher naturellement. Dans le cas contraire, un séchage sous tunnel entre 25 et 30 °C est recommandé. Cette étape est essentielle : elle permet la cicatrisation des fruits et améliore leur conservation.

Rendement
Les rendements observés en production maraîchère pour la courge butternut se situent généralement autour de 15 à 20 t/ha. Pour le potimarron, il faut plutôt partir sur 9 à 10t/ha.
Conservation et stockage : le véritable levier de valorisation
La phase de conservation constitue l’étape la plus délicate de la culture des courges, car elle conditionne directement la qualité commerciale des fruits. Les principales pertes sont liées aux pourritures en stockage, qui peuvent fortement réduire les volumes commercialisables.
Pour le potimarron, plusieurs facteurs influencent la conservation :
- La variété ;
- La conduite culturale ;
- Les conditions météorologiques à la récolte ;
- Et les conditions de stockage.
Des études menées depuis 2018 montrent que la date de récolte joue un rôle déterminant sur la qualité des fruits. L’idéal est de récolter lorsque la somme de températures atteint environ 370 à 400 °C jours. À ce stade, la coloration, la teneur en sucre et la fermeté des fruits sont optimales.
Sur la station expérimentale d’Auray, des observations réalisées sur cinq années consécutives montrent que les récoltes réalisées entre le 7 et le 20 août donnent de très bons résultats en matière de conservation. Le butternut présente un comportement différent. La date de récolte influence moins fortement la conservation, ce qui explique en partie sa capacité à être commercialisée plus longtemps.
Parmi les maladies les plus problématiques figure Didymella bryoniae, responsable de nombreuses pertes au stockage.
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Les fruits doivent être conservés dans un local frais, entre 12 et 15 °C, avec une humidité relative de moins de 75 %. Dans ces conditions, les butternuts peuvent se conserver jusqu’à six mois, généralement plus longtemps que les potimarrons. Une attention particulière doit également être portée à la présence éventuelle de rongeurs dans les zones de stockage.
La thermothérapie post-récolte

Pour améliorer la conservation, certaines techniques de thermothérapie post-récolte sont étudiées depuis 2019 par le CTIFL (Centre Technique Interprofessionnel de Fruits et Légumes). Elles consistent à tremper ou doucher les fruits à l’eau chaude, afin de limiter les pourritures et de préserver la qualité des fruits. Cette technique permettrait d’allonger la durée de commercialisation, avec un potentiel de stockage pouvant atteindre le mois de mars, ce qui représente un enjeu économique important. Trois approches ont été testées :
Le trempage expérimental
Quatre essais ont montré qu’un trempage à 58-60 °C pendant 2 minutes permet de réduire significativement les pourritures pendant la conservation, avec un gain de stockage pouvant atteindre deux mois.
Le trempage en palox
Un essai réalisé en palox confirme l’intérêt de la méthode : à 60 °C pendant 2 minutes, le taux de pertes après cinq mois de stockage passe sous les 20 %, démontrant l’intérêt de la technique à l’échelle semi-industrielle.
Le douchage en caisses
Trois essais ont également été menés en système de douchage. Dans ce cas, une température trop élevée peut provoquer des dommages. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec :
- 58 °C pendant 2 minutes
- 59 °C pendant 1 minute
Au-delà de la conservation, la lutte contre les virus constitue un autre enjeu majeur pour la culture des courges. Ces maladies peuvent provoquer des déformations des fruits et réduire fortement leur qualité commerciale, aussi bien au champ qu’après la récolte. Les progrès réalisés ces dernières années dans la sélection variétale et la qualité des semences permettent aujourd’hui de proposer des variétés plus tolérantes ou résistantes, tout en conservant les qualités gustatives recherchées par les consommateurs.
Avril 2026
Sources : Végétable, Fresh Plaza, Bio-Occitanie, Agreste, sources internes

Pour mieux identifier les virus susceptibles d’affecter vos cultures, consultez notre article dédié :
Lutter contre les maladies des butternuts et potimarrons – le rôle clé de la sélection variétale
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